Marlène est sur Instagram

Eva Green annonce sa mère Marlène Jobert sur Instagram 

My mother @marlene.jobert  Résultat de recherche d'images pour "instagram"

is officially here on Instagram ! Please follow her ❤️  

« BONJOUR À TOUS…

C’est moi Marlène JOBERT, la vraie…
Ce n’est pas une blague… me voilà enfin sur INSTAGRAM. Il fallait bien que cela m’arrive un jour !

Nous allons pouvoir partager nos coups de ❤️, des bêtises, et pourquoi pas des coups de gueule… Mais c’est tout, hein ! 😂J’aimerais bien aussi informer les parents de tout ce que j’écris pour leurs enfants. Alors … à très vite… »


Marlène du cinéma aux contes

«Epanouir la réflexion, tirer des leçons de vie sous les rires et les peurs… Même moi, je lis des contes le soir», affirme Marlène Jobert, 75ans, actrice, chanteuse, auteure et conteuse pour enfants.

Les conteuses de bonne aventure

Compte officiel de Marlène Jobert, actrice et auteure pour la jeunesse.
Photo © Marlène Jobert


Je pense que ça vaut bien une bonne bouteille

Cuvée Eva (2016-Bio) disponible

Importateur France 

Valade et Transandine – remi@transandine.fr

 

Leïla et Géraldine, ensemble again


Neuf ans après le succès de Tout ce qui brille, Géraldine Nakache donne de nouveau la réplique à Leïla Bekhti dans sa dernière réalisation intitulée J’irai où tu iras .

Le film sortira dans les salles de cinéma mercredi 2 octobre.

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Réalisé par Géraldine Nakache
Avec Géraldine Nakache , Leïla Bekhti , Patrick Timsit

Synopsis :

Vali et Mina sont deux sœurs que tout oppose, éloignées par les épreuves de la vie. L’une est chanteuse, rêveuse et émotive. L’autre est thérapeute, distante et rationnelle. Leur père aimant finit par trouver l’occasion rêvée pour les rassembler le temps d’un week-end et tenter de les réconcilier : Vali a décroché une audition à Paris et c’est Mina qui va devoir l’y emmener malgré son mépris pour la passion de sa sœur. C’est une histoire de retrouvailles, une histoire d’amour entre deux sœurs, l’histoire d’une famille qui s’aime mais qui ne sait plus se le dire.


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Bekhti/Nakache « les âmes sœurs« 

Tu mérites un amour

Tu mérites un amour (You Deserve a Lover)

de Hafsia Herzi

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Hafsia Herzi convainc avec l’histoire d’une rupture dont elle tient aussi le rôle central avec une gourmandise contagieuse.

Son premier long-métrage dresse un portrait contemporain, instantané, de la jeunesse et de son rapport à la vie, au sexe et aux sentiments. Qu’est-ce que c’est qu’être en bande, rigoler, tenter de consoler l’autre que l’on sait inconsolable ? Ici le chagrin se partage, se commente à voix haute, produisant une parole libre, ininterrompue, sur le ton de la confidence, de la rigolade et pourquoi pas du délire. A partir d’un petit bout d’histoire, la réalisatrice et scénariste fait rayonner un groupe d’amis, représentatifs d’une nouvelle génération avec ses fragments de langage amoureux, de vérités, d’intuitions, de rêves… Dévoilé à Cannes, en mai, à la Semaine de la critique, Tu mérites un amour a été sélectionné au Festival du film francophone d’Angoulême, où Hafsia Herzi a obtenu, le 25 août, le Valois de la mise en scène.

Tu mérites un amour présente un beau cas d’école : apparemment, rien de plus classique et banal que le scénario du premier long-métrage de Hafsia Herzi, un chagrin d’amour de jeune fille. Lila (Hafsia Herzi), Parisienne employée dans une agence immobilière, cherche à se remettre de sa rupture avec Rémi (Jérémie Laheurte). Et pourtant, quel charme, quelle liberté habitent ce film dont la simplicité du dispositif évoque le cinéma de la Nouvelle Vague, sans donner le sentiment d’un déjà-vu ni tomber dans les travers d’un hommage élégant et convenu.

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Suite à l’infidélité de Rémi, Lila qui l’aimait plus que tout vit difficilement la rupture. Un jour, il lui annonce qu’il part seul en Bolivie pour se retrouver face à lui-même et essayer de comprendre ses erreurs. Là-bas, il lui laisse entendre que leur histoire n’est pas finie… Entre discussions, réconforts et encouragement à la folie amoureuse, Lila s’égare…

Une jeune femme peine à se remettre de l’infidélité de son petit ami. Pour son premier long métrage de cinéaste, Hafsia Herzi a choisi un sujet a priori usé jusqu’à la corde. Mais il faut toujours se méfier des apparences…

Découverte à la Semaine de la critique, l’histoire se vit intensément au rythme des montagnes russes émotionnelles de son héroïne, incapable de faire le deuil de cet amant toxique et prête à tous les subterfuges, surtout les plus iconoclastes (faire appel à un marabout… ami de Carla Bruni !), pour que ce serial lover revienne. Entre rage, désespoir et éclats de rire salvateurs.

Tu mérites un amour n’a aucune autre prétention que cette justesse-là des sentiments. Hafsia Herzi se montre à la hauteur de cette sacrée belle ambition. À la manière de son mentor Abdellatif Kechiche, elle laisse la vie – d’autant plus naturelle qu’elle y est recréée sans jamais rien laisser paraître – envahir l’écran.

Rémi (Jérémie Laheurte) et Lila (Hafsia Herzi) dans « Tu mérites un amour ».

Elle fait la part belle à la tchatche et peuple son histoire de seconds rôles tous parfaits. Grande gueule extravertie (Djanis Bouzyani, une révélation) ou petite boule de sensibilité introvertie (Anthony Bajon), ils donnent à ce récit les couleurs de l’arc-en-ciel et ses ruptures de rythme qui le rendent si attachant.

Mais elle a surtout eu la belle idée de s’offrir le rôle central de son film. Car sa réalisation ressemble à sa manière de jouer, à cette façon de ne jamais surgir où on l’attend avec une liberté qui rend le champ des possibles infini. Sa joie de jouer et de filmer traverse l’écran.

Tu mérites un amour, en salles ce 11 septembre 2019.

France 2019 1h42 VO/Français


Eva Green, son plus beau rôle

Eva Green en route vers la consécration

César 2020


Sarah est une astronaute française qui s’entraine avec acharnement au Centre spatial de Cologne, unique femme au milieu des astronautes


Par Chloé Valmary pour

L’image contient peut-être : une personne ou plus, ciel, plein air et nature

Ça faisait longtemps que l’on attendait qu’Eva Green trouve enfin un rôle à la hauteur de son talent dans un film français. C’est désormais chose faite avec Proxima d’Alice Winocour, dans lequel elle bouleverse dans son rôle de femme astronaute.

La réalisatrice française Alice Winocour a choisi le 44e Festival International du Film de Toronto pour la première mondiale de son nouveau film : Proxima dans lequel Eva Green interprète une astronaute, Sarah, qui s’apprête à partir pour une mission d’un an et qui va pour la première fois être séparée de sa fille, Stella, âgée de sept ans.

Séparation ombilicale

À l’instar de Damien Chazelle avec First Man, ou de James Gray avec Ad Astra, Alice Winocour fait le pari de l’intime avec Proxima. Sauf qu’à la différence de ces deux films dans lesquels les astronautes n’avaient rien à perdre en quittant la Terre, et dans lesquels l’espace était perçu comme un refuge, qu’ils rejoignaient pour obtenir des réponses sur l’existence, Sarah, elle, laisse derrière elle sa fille, avec qui elle entretient une relation fusionnelle.

Winocour aborde le thème de la parentalité avec une grande justesse grâce à ses deux interprètes au diapason : la très prometteuse Zélie Boulant-Lemesle et Eva Green, qui trouve ici son plus beau rôle au cinéma. Alors que depuis quelques années, nous sommes habitués à voir cette dernière dans des rôles complexes, arborant souvent, en particulier chez Tim Burton, des maquillages et costumes extravagants, dans Proxima, Alice Winocour l’a dépouillée de tout artifice, l’ancrant totalement dans le réel et faisant ressortir une sensibilité rarement perçue dans sa carrière.

Parfaitement dirigée, l’actrice française jongle entre le côté très physique du rôle d’astronaute (Thomas Pesquet l’a coachée personnellement) et sa vie de mère de famille, avec toutes les responsabilités que cela implique. En écrivant ce très beau rôle, Alice Winocour rend non seulement hommage à toutes les femmes astronautes, mais également à toutes ces mères qui mènent de front vie professionnelle et vie de famille. Elle ne fait pas de Sarah la maman exemplaire, elle choisit de la montrer avec ses failles et ses doutes, et c’est bien ça qui est le plus bouleversant.

Rendez-vous le 27 novembre prochain pour découvrir Proxima en salles (France)
UK on April 17, 2020

Vidéo clip destiné à la presse, en attendant le trailer

Alice Winocour’s Q&A | TIFF festival 2019 (English)


Sarah, a mother and a super-heroine

Alice Winocour “Cinema doesn’t often show women as both a mother and a super-heroine”

Image

Alice Winocour talks to Screen about her Platform title Proxima, the story of an astrophysicist juggling astronaut training with bringing up her young daughter.

 

French filmmaker Alice Winocour returns to TIFF with space exploration drama Proxima, starring Eva Green as an astrophysicist who is selected for a mission that separates her from her young daughter.

The film, which premieres in Platform today, is Winocour’s third feature-length work after gothic costume drama Augustine, which played in TIFF’s Discovery sidebar in 2012, and psychological thriller Disorder (2015).

It follows Green’s character, Sarah, as she undergoes gruelling preparatory training while attempting to be a good mother to her daughter with whom she has a deep, maternal bond, as well as juggling childcare responsibilities with her former partner.

At the same time, she is working doubly hard to prove herself as the lone female in an all-male, mixed nationality crew, played by Matt Dillon and Russian actor Aleksey Fateev. German actor Lars Eidinger plays her semi-supportive ex-partner.

Mothers as heroines

“It’s a film about space exploration and also a film about women,” says Winocour. “Cinema doesn’t often show women as both a mother and a super-heroine. The only example I’ve come up with is Erin Brockovich, where we see the main character dealing with problems linked to her children.

“But, in reality, although things are changing for women with children, they still ultimately feel responsible for their education and [carry] a sense of guilt when they attempt to combine motherhood with having professional goals.”

Winocour’s desire to make a film set against the world of space exploration stems from a lifelong interest in the subject. “I’ve been fascinated with space and space exploration since I was a child. Over the years, I’ve read a lot around the subject,” she says. Her research at the European Astronaut Centre in Cologne, Germany, where astronauts are trained for future missions run by the Paris-based European Space Agency (ESA), shaped the film’s story­line as well as its details.

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“As I met the trainers and visited the facilities, it struck me that all the work that goes into preparing an astronaut to leave Earth, all these years of training, have rarely been shown in cinema,” she says.

What Winocour witnessed at the European Astronaut Centre also chimed with a long-gestating idea to make a film about a mother-daughter relationship. “It’s a relationship I understand well because I have a daughter who is nine years old. As I spent time there, it dawned on me that the mother-daughter relationship was akin to mankind’s relationship with the Earth, and that the astronaut’s separation from Earth resonated with Sarah’s separation from her daughter.”

Proxima is produced by Winocour’s longtime producers Isabelle Madelaine and Emilie Tisné at Paris-based Dharamsala, with French film company Pathé Films, Canadian production house Darius Films and Germany’s Pandora Film Produktion. Pathé International is handling world sales.

Winocour wrote the screenplay and shot the film against real-life backdrops including the European Astronaut Centre in Cologne and Baikonur Cosmodrome in Kazakhstan, a key launchpad for international space missions. “I wanted to be as close to the reality as possible,” she says. “I met astronauts and trainers and wrote scenes with astrophysicists in Cologne. In a way, there’s a documentary feel to the film.”

The production was granted access to sensitive sites with the help and support of the European Space Agency, which approved of Winocour’s desire to make “a European film”, and gave her and the film crew accreditation as “astronauts”.

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“Often in cinema, space exploration is represented through the prism of America’s space agency Nasa, and the astronauts are shown as sort of superhuman beings,” she explains. “What struck me, after observing the preparation process, is that there is nothing more fragile and human than astronauts as they confront space.”

“Ultimately, man is made to live on Earth,” she adds. “When astronauts go into space, they push their bodies to the limit. They’re a bit like mutants who change their bodies to cope with space.”

In spite of the film’s European context, Winocour has sought to remain faithful to the international nature of space exploration, mixing an international cast and multilingual dialogue. “The world of space exploration is like that. It’s a community of humans, in which Europeans, Americans, Russians and others live and work together in order to confront space.”

Chester Williams

L’homme qui tombait à pic

Chester Williams en 2000 avec les Boks

Chester Williams, l’ailier métis des Springboks, seul « non blanc » champion du monde en 1995 était un des symboles du rugby mondial. Retour sur une histoire épique, celle de celui qui n’était pas titulaire au début de la compétition, avant de se voir remis en selle par la suspension providentielle de son concurrent.

Chester Williams était avant tout un sacré joueur mais il est devenu malgré lui le symbole d’un moment historique et politique de l’histoire de son pays. Après sa carrière, il publia un livre pour exprimer ses tourments.

C’est un concours de circonstances incroyable. Chester Williams a été sacré champion du monde dans le rôle du seul Noir de l’équipe des Springboks. Il était titulaire à l’aile gauche en finale, symbole parfait pour célébrer la nouvelle nation post-apartheid. En quarts contre les Samoa, il avait crevé l’écran en signant un quadruplé. Le soir de la finale, il fut abondamment filmé et photographié en train de parler avec Nelson Mandela en compagnie de son épouse, blanche. Jamais le destin d’un joueur n’était tombé à ce point à pic, jamais une trajectoire personnelle n’avait épousé celle de son propre pays. Pour être plus en phase que Chester Williams avec son contexte géopolitique, il faudra se lever tôt, c’est sûr.

Le plus hallucinant, c’est que le trois-quarts aile de la Western Province n’a pas joué le premier tour, il aurait pu passer tout le Mondial sur son canapé. Blessé aux adducteurs, il ne figurait pas dans la sélection finale de Kitch Christie. Il avait quand même assisté au match d’ouverture face aux Wallabies au Newlands du Cap en tant qu’employé de sa Province (on était encore à l’ère du rugby amateur) et on lui avait demandé de jouer les porteurs d’eau… Pour les Australiens. La situation était un crève-cœur pour les organisateurs du Mondial qui avaient fait de Chester Williams leur tête d’affiche, avec une profusion de 4X3 à son effigie.

Hendriks a son secours sans le vouloir

Sa présence en phase finale, il la doit à un fait imprévisible : une bagarre entre les Springboks et les Canadiens à Port-Elizabeth, un match houleux avec un accrochage qui dégénère sévèrement et un arbitre qui expulse trois joueurs : le talonneur sud-africain Dalton et deux Canadiens, Rees et Snow. En revoyant la séquence, on est quand même pris d’un doute. Car cette échauffourée générale débouchera sur un verdict très dur : la fin de la Coupe du Monde pour James Dalton et… Pour l’ailier gauche titulaire des Springboks Pieter Hendriks. C’est vrai que ce dernier déclenche les hostilités en prenant sans ballon son vis-à-vis (Stanley) pour le projeter en touche, il prend illico un coup derrière la tête ; plus un second dans le dos de l’arrière (Stewart) venu faire du kung-fu. Puis dans la bagarre qui suit, Hendricks y va gaillardement, c’est vrai, coups de pied, crochet du gauche. Il échappe à l’expulsion mais la commission de discipline et le visionnage des images a posteriori lui fut fatal. Suspension pour soixante jours et champ libre pour Williams, resté au Cap mais rétabli. Kitch Christie comprit tout de suite. Un simple coup de fil mit Williams dans le premier avion pour Johannesbourg, lieu du camp de base des Springboks. Attention, il n’était pas un néophyte, il comptait déjà onze sélections pour sept essais. Mais Hendriks avait bien su saisir sa chance avec un essai décisif lors du match d’ouverture face à David Campese et aux Wallabies, tenants du titre. Le pauvre ne savait pas que le balancier reviendrait aussi vite. C’est sûr, la Commission ne l’a pas loupé. Il y a toujours eu un léger doute, déjà parce que le rugby de l’époque tolérait encore certains gestes brusques et surtout parce que l’ailier n’a pas été cité par ses adversaires, mais par les patrons de la Coupe du monde.

Pieter Hendricks s’est toujours montré beau joueur dans ses déclarations : «Chester Williams était un joueur formidable, j’ai été suspendu, il est revenu, tant mieux pour lui. J’estime qui lui et moi avons apporté notre pierre à l’édifice… Mais j’ai été un peu déçu quand la SARFU m’a dit qu’elle ne me soutiendrait pas si je faisais appel de cette décision. Mais je dois aussi prendre la responsabilité de mes actions, je devrais vivre toute ma vie avec ça. Je n’ai pas de regrets, mais si c’était à refaire, je m’y prendrais autrement mieux.» La SARFU fera en revanche appel pour Dalton…

Williams lors de la Coupe du monde 2015
Williams lors de la Coupe du monde 2015

Attaqué par les Noirs, snobé par les Blancs

En tout cas, cette célèbre castagne ouvrit la voie au retour de Williams, titularisé illico presto, que la presse présenta comme un pionnier. C’était une approximation car il n’était pas le premier Noir à jouer pour les Springboks. Déjà, il n’était pas noir, mais métis, la subtilité a son importance dans la cosmogonie sud-africaine. Avant lui, son propre oncle Avril Williams ainsi que Errol Tobias avaient apporté une touche «non blanche» à la sélection.

Mais en ces temps de réconciliation nationale, le symbole Chester Williams était trop beau. Sa présence crédibilisait le discours de l’ANC (congrès national africain) et de Nelson Mandela. Six mois avant la Coupe du monde, le nouveau chef d’État l’invite à déjeuner pour lui exposer sa stratégie : «Tout le monde voulait qu’il remplace les Springboks (en tant qu’emblème, N.D.L.R.), mais il ne l’a pas fait, il parlait du risque d’un racisme à l’envers, et ne voulait pas perdre les Blancs», confia le joueur à nos confrères du Monde en 2015. La simple existence de ce repas démontre bien que dans la tête du nouveau président, la présence de l’ailier dans le groupe était évidemment primordiale comme premier symbole de son nouveau concept de nation arc-en-ciel.

On connaît la suite : son quadruplé face aux Samoa, l’enchaînement des coups du sort, la victoire in extremis face aux Bleus sous le déluge de Durban, le succès en finale face à des All Blacks à moitié intoxiqués. Les planètes se sont peu à peu alignées jusqu’à l’apothéose.

Une question nous taraude forcément… A-t-il le sentiment d’avoir été utilisé en 1995 ? «Non, disons plutôt que j’ai fait partie du plan de Mandela et d’autres qui ont vu mon importance vis-à-vis de leur souci d’unir le pays». Au-delà de toutes les polémiques, son talent de joueur ne pouvait pas se discuter, il avait fait ses preuves sous le maillot de la Western Province et des Springboks. Mais jamais il n’avait pu se départir de ce sentiment amer d’être aligné et soutenu pour de mauvaises raisons. «J’ai toujours voulu être un Springbok mais je n’ai jamais été qu’un joueur de rugby noir. Pour le Mondial, les gens du marketing m’ont vendu comme le produit d’un signe de changement…»

Un livre comme une bombe

En 2002, Chester Williams, jeune retraité, s’était soudain livré dans un livre qui fit l’effet d’un pavé dans la mare dans son pays. L’homme présenté sous un jour édifiant depuis sept ans révélait son malaise et ses tourments intérieurs. On comprit alors qu’une partie des Noirs le prenait pour une sorte d’«Oncle Tom» comme ils le pensaient déjà de son oncle Avril. Un élément du système à la solde des Blancs, on imagine la douleur causée par ce genre d’attaques fratricides. Une éditorialiste noire Phylicia Oppelt asséna sans pitié : «Dès le début de sa carrière, Chester a choisi de devenir le nègre de la maison, mettant sa conscience de côté», ajoutant : «Il est temps que l’Afrique du Sud noire fasse l’analyse de sa propre collusion avec le régime blanc.» Chester Williams paya cher le fait de ne pas avoir été un militant anti-apartheid : «Je voulais juste jouer.»

Chester Williams face aux Barbarians
Chester Williams face aux Barbarians

Au fil des pages on découvrit aussi autre chose. Aux attaques des Noirs, il avait dû ajouter le sentiment d’isolement de celui qui cherche à percer dans un milieu où personne ne l’attend. Dans les années 1980-90, le rugby est culturellement et historiquement au cœur de l’identité blanche. Dès ses débuts à la Western Province, il entend son coéquipier James Small (futur champion du monde à ses côtés) lui dire : «Putain de nègre, pourquoi tu veux jouer notre jeu ? Tu sais que tu ne peux pas !» Il raconte sa solitude dans les hôtels avec la Western Province où on lui demande parfois de prendre son petit-déjeuner à part, d’où son sentiment de rejet à l’époque de ses premières capes : «À la Coupe du monde, il n’y a pas eu de problèmes de racisme, mais clairement, avant la compétition, je me sentais isolé des autres, je mangeais souvent seul lors des tournées à l’étranger, raconte-t-il. Ce n’est qu’au fur et à mesure du tournoi de 1995 que l’équipe s’est unifiée.»

Complexe enfoui profondément en lui ou réalité incontestable ? Il avoua en tout cas avoir vécu ces sélections avec la sensation que les Noirs n’étaient que tolérés dans les équipes et les sélections par des Blancs qui «voulaient montrer qu’ils embrassaient le changement.» Mark Keohane, auteur de la biographie et ancien attaché de presse des Springboks enfonça le clou : «Chester était la bonne conscience des traditionalistes blancs sud-africains, l’image vendue au monde par les patrons blancs du rugby pour la Coupe du monde 95.»

Dans son livre, Chester Williams revenait aussi sur sa non-sélection pour le Mondial 1999. Il révèle que Nick Mallett lui avait expliqué qu’il avait déjà son quota de joueurs noirs imposé par le gouvernement, sous entendant que le système des quotas était la seule façon pour les «non Blancs» de trouver une place en sélection. Chester Williams prit ça en pleine face. Il détestait cette idée d’être vu comme un alibi. «Je suis contre le principe des quotas. En 1995, je méritais d’être dans l’équipe !», s’exclamait-il en 2015 (Le Monde). Dans son livre de 2002, il semblait penser le contraire allant jusqu’à demander la création d’une équipe sud-africaine noire, comme les Maoris en Nouvelle-Zélande. On le comprend, tiraillé de toutes parts, pris entre le marteau et l’enclume, il a payé cher son destin exceptionnel, jouet de l’histoire malgré un grand talent.

Chester Williams

le 8 juin 1970 à Praat, décédé le 6 septembre 2019
Poste Ailier
Mensurations 1,74 m, 84 kg.
Sélections 27 sélections avec l’Afrique du Sud entre 1993 et 2000.
14 essais.
Une participation à la Coupe du monde : 1995.
Provinces : Western Province, Golden Lions, Cats.

Après sa carrière, il a entraîné plusieurs équipes : la Tunisie et l’Angola, le club roumain de Timisoara.

Jérôme Prévot

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N’allez pas en Algérie…

Le réalisateur Benjamin Martinie a passé deux semaines en Algérie. Il en revient avec une vidéo-choc qui s’attaque aux nombreux clichés véhiculés sur ce pays.

Par Armin Arefi

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Tolt est de retour ! Un an après l’énorme succès de sa vidéo Don’t Go to Iran (« N’allez pas en Iran »), qui démontait avec malice les préjugés véhiculés sur la République islamique, Benjamin Martinie, alias « Tolt », s’attaque à l’Algérie. « J’ai toujours été attiré par les destinations préservées [des touristes] où les gens sont spontanés », explique le jeune homme de 26 ans. Le principe est toujours le même. Le réalisateur français s’est rendu deux semaines dans le pays, à la rencontre de sa population et de ses sites les plus mémorables. Il en revient avec un clip pétri d’idées reçues : « L’Algérie n’a pas d’histoire », « Les Algériens n’aiment pas les Occidentaux » ou encore « L’Algérie est dangereuse ». Tous ces clichés sont alors soigneusement battus en brèche à l’aide d’images saisissantes.

Frappée de plein fouet par la décennie noire du terrorisme au cours des années 1990, l’Algérie peine toujours à attirer les touristes étrangers, qui plus est après la sanglante prise d’otages du site gazier d’In Amenas en 2013 ou l’assassinat du guide français Hervé Gourdel par un groupe se revendiquant de Daech, l’année suivante. « Forcément, je ressentais une certaine appréhension », confie Benjamin Martinie. « J’avais quelques a priori sur l’aspect sécuritaire ainsi que sur l’accueil réservé aux touristes étrangers. »

« On se croirait à Marseille »

Pourtant, ses craintes vont rapidement s’estomper. Après deux semaines d’attente et 90 euros versés au consulat pour obtenir le précieux visa, voilà le jeune Français débarquant dans les rues d’« Alger la blanche ». « La capitale est très occidentalisée, si ce n’est francisée, tant au niveau de l’architecture que de son vieux port », souligne Benjamin Martinie. « On pourrait presque se croire à Marseille ! » Mais le réalisateur est avant tout frappé par l’accueil que lui réservent les Algérois. « Les gens viennent spontanément vers toi, sans arrière-pensée ou autre amertume postcoloniale », pointe le Français. « On est loin de l’image du touriste – “billet sur pattes” – que tu peux ressentir dans d’autres pays du Maghreb. »

« Tolt » a d’ailleurs trouvé un nouveau slogan pour le pays : « Soyez le bienvenu en Algérie », qu’on lui répète à tous les coins de rue et qui pourrait, d’après lui, bientôt supplanter le traditionnel « One, two, three, viva l’Algérie », entonné par les Algériens lorsqu’évolue l’équipe nationale de football. D’Alger « la bien gardée », Benjamin Martinie gagne bientôt Oran « la radieuse », capitale mondiale du raï. « L’ambiance est totalement différente d’Alger », raconte le voyageur. « Tu vois des jeunes sur la corniche, posés dans l’herbe. ». La nuit tombée, le jeune Français n’échappe pas aux soirées oranaises. « C’est la fête ! J’y ai trouvé de l’alcool et tout ce que tu n’imagines pas dans un pays supposé conservateur. »

Image extraite du documentaire "N'allez pas en Algérie." ©  DR


Malaise de la jeunesse

La gaieté et l’humour permanent des Algériens peinent pourtant à cacher une immense amertume, notamment chez la jeunesse, qui forme les deux tiers du pays. Riche en hydrocarbures, l’Algérie reste dirigée par une caste vieillissante issue de la guerre d’indépendance qui campe sur ses privilèges, et offre peu de débouchés, si ce n’est la débrouille, à ses jeunes désabusés. En l’interminable règne du président Abdelaziz Bouteflika, toujours au pouvoir malgré ses 80 ans et sa maladie. « Beaucoup de jeunes se plaignent de la situation, de l’absence d’emploi, et rêvent d’un avenir à l’étranger », confie Benjamin Martinie.

En conclusion de sa vidéo, le réalisateur français invite – ironiquement – à ne pas se rendre en Algérie, de peur d’« avoir envie d’y rester ». Un clip efficace qui pousse l’observateur occidental à « oser » s’aventurer dans ce merveilleux pays. Il n’a pourtant bénéficié d’aucune subvention de la part des autorités. « J’ai contacté l’office du tourisme algérien, qui m’a directement renvoyé vers une agence », explique le Français. « J’ai donc assez vite compris que je ne pourrais pas compter sur eux. Et pendant tout mon séjour, je n’ai perçu aucune volonté publique de développer le tourisme dans le pays. »

Après avoir passé quatre jours dans le Sahara algérien – et ses paysages grandioses – en compagnie de Touaregs, « Tolt » a visité les ruines romaines de la ville côtière de Tipaza. « On pouvait marcher sur des pierres datant de plusieurs milliers d’années », s’indigne le réalisateur. « Il était vraiment dommage de voir à quel point le site n’était pas protégé. L’Algérie possède un énorme potentiel touristique, mais il n’est pas du tout exploité. » Ayant financé lui-même ses deux voyages, Benjamin Martinie vient de créer son site Don’t Go to, et a déjà la tête tournée vers d’autres destinations surprenantes…


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