Yvette, la reine du bal

L’accordéoniste originaire de Tarbes Yvette Horner
a rejoint France, JohnnyJacques
Rose

 La célébrité de ce morceau de patrimoine français tient notamment à ses participations à la caravane du Tour de France ainsi qu’à sa flamboyante chevelure rousse.


Née en 1922 à Tarbes, elle avait fait ses premiers pas dans le théâtre des Nouveautés dont sa grand-mère était propriétaire. Le foyer de cette salle porte d’ailleurs son nom. Elle avait ensuite appris le piano puis l’accordéon au conservatoire de Toulouse. Grande figure des bals musette, elle était devenue populaire, au début des années 1950, en participant à la caravane du Tour de France à onze reprises. Elle jouait alors pendant les courses sur le toit d’une voiture.

En octobre 2014, Yvette Horner avait été honorée de son vivant par la ville de Tarbes où une place à son nom avait été inaugurée au nord de sa ville natale.

En 2011, la reine de l’accordéon avait sorti un dernier disque « Yvette hors norme »
dont le styliste Jean Paul Gaultier, dont elle a été une égérie, avait conçu la pochette
et les derniers costumes de scène. L’album contenait notamment des duos avec Lio, Michel Legrand et Richard Galliano, a rappelé son agent, ajoutant qu’elle avait « enregistré au cours de sa carrière plus de 300 albums » et vendu plusieurs dizaines
de millions de disques.


« Pour moi, Tarbes, c’est le plus bel endroit de la Terre »

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, lui a rendu hommage sitôt sa disparition annoncée, sur sa page Facebook expliquant combien « au fil du temps, Yvette Horner était devenue une icône ».

Yvette Horner aimait son pays mais sa ville, Tarbes, par dessus tout. Elle l’avait déclaré à La Dépêche du Midi en 2011: « Tarbes, c’est bien mieux que l’île Maurice ! C’est là que j’ai mon cœur, mes racines. C’est là que j’ai entendu du piano pour la première fois de ma vie, au théâtre de mes parents, le théâtre Impérial qui ne s’appelait pas encore les Nouveautés. C’est ici que je suis bien : je vois mes amis,
ma famille. Pour moi, Tarbes, c’est le plus bel endroit de la Terre. Là où je me sens
le mieux. »

L’accordéoniste bigourdane avait été décorée trois fois des insignes de la légion d’honneur par trois président de la République différents. François Mitterrand l’avait d’abord faite chevalier, Jacques Chirac l’avait ensuite faite officier puis Nicolas Sarkozy, en septembre 2011, l’avait enfin faite commandeur.


Jean-Paul Gaultier, Boy George et Julien Doré

N’allez pas croire qu’Yvette Horner s’est contentée de reprendre sans cesse ses succès des années soixante. La star a travaillé avec des artistes aussi divers que Maurice Béjart, Quincy Jones, Boy George, Lio, Michel Legrand ou Richard Galliano. Pas moderne, Yvette Horner, la star des bals populaires ? En 2011, Julien Doré l’invite à participer à son album «Bichon».

Mais sa collaboration la plus mémorable, elle la doit à Jean-Paul Gaultier, qui en fait l’une de ses égéries. Le couturier lui a créé des costumes de scène et a dessiné la pochette de l’album «Yvette hors norme». Un titre qui résume bien la vie de cette figure du patrimoine musical français, venue enchanter la place de la Bastille pour les commémorations du Bicentenaire de la Révolution, en 1989.

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