Eva Green, de vamp à vampire

Eva Green dans Casiono Royale. Eva Green dans Casino Royale

Hum, comment dire ? Sexy à se damner ? Mouais, mais pas que…

Cette fille me fait un effet dingue car ses films ne m’ontt totalement transporté. Casino Royale. J’avoue : c’est carrément elle qui m’a fait aimer les James Bond, contrée qui jusque là ne me faisait ni chaud ni froid. L’avoir vu s’abîmer tout au fond du Grand Canal de Venise, en sirène sacrificielle, enfermée volontaire dans la cage d’ascenseur grillagée, reste un souvenir indélébile. C’est bien la première fois, sauf erreur, qu’une dame rend fou de chagrin l’agent secret britannique 007, non ? Il y a de quoi.

Chère Eva. Par où commencer pour vous, pardon, la décrire ? Par ses yeux.

Extensibles. Surdimensionnés et tout ronds, mangeant son visage comme une figurine de manga (ou de Margaret Keane ?). Mais le plus souvent effilés, en lames transversales.
Khol, cernes accentués et cils vibratiles, son maquillage vire souvent « new wave », tendance gothique, chouette ou corbeau.

On pourrait poursuivre plus avant l’étude détaillée de sa physionomie aussi gracile que voluptueuse, en s’arrêtant sur ses avant-cœurs mais d’autres, les puritains surtout, se sont déjà abondamment penchés dessus. Notamment à l’occasion de cette fameuse affiche de Sin City, rappelez-vous, censurée au pays de l’Oncle Sam parce que, je cite, « la courbe du sein, le téton et l’aréole sont visibles à travers le tissu transparent. » En guise de commentaire à cette campagne de pudibonderie absurde, elle a eu cette saillie (si j’ose dire) de génie : « Des seins n’ont jamais tué personne. A moins que vous n’asphyxiiez quelqu’un avec ! »

Le plus drôle, c’est qu’elle en est parfaitement capable, la diablesse. Dans les films ou les séries, s’entend. Ses étreintes d’amante ou de mante religieuse sont souvent mortelles. Fatales, pour le moins. Vestale, sorcière, sibylle, amazone, elle attire la mythologie. Le merveilleux monstrueux. Elle a des dons pour la voltige, elle vole, elle a des visions (dans Penny Dreadful). Rien de plus logique à la voir se lover dans les fables funèbres de Burton, celles de Dark Shadows (voir vidéo ci-après) ou du prochain, Miss Peregrine et les enfants particuliers (sortie prévue en mars 2016). Même le tumulte de Mai 68 (dans Innocents, the Dreamers de Bertolucci) tenait grâce à elle du rêve moite à la Cocteau.

Certes, je n’oublie pas Gregg Araki qui, dans White Bird, l’a ramenée à une réalité nettement moins épique, en l’utilisant comme femme au foyer transie d’ennui et de neurasthénie, un fantôme de mère. Mais elle évoluait là au second plan, en somnambule. Possible qu’elle ne soit qu’une chimère, une madone des sleepings, rétive à l’ici et maintenant, trop étrangère au temps pour être immobilisée. N’empêche, on est en droit de s’interroger : comment se fait-il que cette fille de Marlène Jobert (elles se ressemblent peu) qui a grandi à Paris soit si absente de France ?

Cela vient-il d’elle ou de nos cinéastes ?
Que font Ozon, Salvadori ou Jacquot (qui l’a approchée, je crois) ? Je serais à leur place, je n’hésiterais pas une seconde. Car j’aimerais qu’elle se pose, cesse toutes ses prouesses, certes fabuleuses, mais un peu volatiles. Pour la voir, ne serait-ce qu’une fois, à fleur de peau et sans fard, à l’aube, dans une chambre nue.

¤ Eva Green dans un film de Philippe Garrel, vous imaginez le délire ?

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